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fMRI BRAIN , IRM FONCTIONNELLE CEREBRALE

Mardi 22 août 2006
L'effet de la méditation sur le déclin cognitif va bientôt être évalué

[Photo : imagesource.de]

La méditation est-elle une méthode efficace contre le déclin cognitif ?

 C'est à cette question qu'une équipe de chercheurs de l'école de médecine de l'université de Pennsylvanie vient d'annoncer qu'elle allait bientôt répondre.


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-  « On sait que la méditation est un exercice qui permet au cerveau de se renforcer et de lutter contre les processus qui tendent à l'affaiblir » explique le leader de l'équipe Andrew Newberg, professeur de radiologie, de psychiatrie et de religions mais aussi directeur du nouveau « Centre de la spiritualité et de l'esprit » de la Penn's university.

Avec ses collaborateurs, il a l'intention d'étudier l'effet de la Kirtan Kriya sur le niveau d'activité du cerveau.

Cette technique de relaxation, considérée comme une des méthodes fondamentales de méditation, est basée sur la répétition de sons chantés et sur des mouvements de doigts. Les scientifiques considèrent qu'elle pourrait aider l'esprit à se concentrer mais aussi à devenir plus vif.

« Nous allons recruter des patients atteints de troubles cognitifs légers ou d'un début de maladie d'Alzheimer » explique Andrew Newberg.

Il veut demander à ces volontaires de méditer quotidiennement pendant 8 semaines et évaluer dans quelle mesure cette activité améliore la réponse de leur cerveau à différents types de tâches.

« Grâce aux techniques d'imagerie cérébrale, on va regarder si la méditation améliore les fonctions cognitives et si elle est associée à un changement du niveau d'activité du cerveau » poursuit le chercheur.

La démence est un processus qui entraîne une diminution du fonctionnement des neurones.

Elle provoque généralement des problèmes de mémoire, des difficultés pour se repérer dans l'espace et des troubles émotionnels.

Quand l'état mental d'une personne souffrant de démence se détériore, elle finit généralement par perdre toute autonomie et exige une attention et des soins constants.

« Si nous constatons que la Kirtan Kriya est efficace pour améliorer l'état des patients souffrant de troubles neurologiques, la méditation pourrait un jour devenir un traitement particulièrement économique qui pourrait être proposé en compléments de la thérapie de fond » s'enthousiasment les chercheurs.

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Mercredi 23 août 2006

 

 1

Les maths, c’est mieux en chinois


Si vous ne parvenez pas à résoudre des problèmes mathématiques et si le calcul vous rebute, mettez-vous au chinois. Après plusieurs années de pratique, votre cerveau s’y prendra peut-être différemment pour débrouiller les énigmes arithmétiques.

 Des chercheurs ont en effet constaté que les anglophones et les sinophones ne mobilisaient pas les mêmes aires de leur cerveau pour effectuer des calculs.



L’équipe de Yijun Liu (University of Florida) a comparé l’activité cérébrale de douze étudiant(e)s dont la langue maternelle est le chinois, et qui étudient à Dalian, dans le nord-est de la Chine, et douze étudiants anglophones américains, anglais ou australiens qui séjournent à Dalian.

 Les 24 volontaires utilisent les chiffres arabes.

L’IRM a pourtant révélé que les anglophones aux prises avec les chiffres faisaient davantage travailler les aires du cerveau consacrées au langage, tandis que les sinophones s’appuyaient davantage sur les régions impliquées dans la visualisation et la spatialisation.

Cette différence proviendrait de la façon dont les enfants apprennent leur langue maternelle.

Le visuel a plus d’importance dans l’apprentissage du chinois, alors que les sons dominent pour l’anglais.

http://sciences.nouvelobs.com/sci_20060628.OBS3409.html?1643

L’utilisation du boulier en Chine influencerait également la façon dont le cerveau travaillent, suggèrent les chercheurs, qui publient cette étude dans les PNAS.

Ce n’est pas la première fois qu’une étude met en lumière l’influence de la culture sur les processus mentaux. En étudiant les mouvements des yeux, des chercheurs avaient par exemple montré que les Américains regardaient davantage le sujet principal d’une image, tandis que les Chinois accordaient davantage d’importance à l’arrière plan (lire ci-contre). Une façon différente de voir le monde.

Cécile Dumas
(28/06/06)


2  

LECTURE   ACQUIS CULTUREL GRAVé

 

 

 http://www.tdg.ch/tghome/toute_l_info_test/sciences/lecture__29_04_.html

 

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Mercredi 23 août 2006

 

Université de tous les savoirs

Christian Amatore : Voir les cellules communiquer

LEMONDE.FR | 16.06.06 | 17h58  •  Mis à jour le 28.06.06 | 12h31
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La conférence de l'Université de tous les savoirs du lundi 19 juin 2006, par Christian Amatore (Ecole normale supérieure).

 

Ecoutez la conférence en ligne. Durée : 1 heure Ecoutez la conférence en différé

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Format Real Audio
La diffusion des conférences sur Internet est assurée par le Cerimes.

 

Thème de la conférence :

 

Nos cellules "communiquent" chimiquement en échangeant des "molécules-mots" : hormones, neurotransmetteurs, etc.

Le dialogue entre neurones dans notre cerveau est ainsi intimement lié à leurs échanges de petites bouffées de neurotransmetteurs de proche à proche.

Beaucoup est déjà connu en physiologie et en biologie sur ce domaine, mais il reste encore très mystérieux car nos connaissances sur le sujet sont encore limitées par des difficultés expérimentales.

 

Cela se comprend aisément lorsque l'on sait que ces échanges impliquent seulement quelques milliers de molécules-mots en quelques millièmes de seconde.

De même, les neurones, étant incapables de stocker leur énergie, ont une activité impliquant un couplage très fin avec le système neurovasculaire qui irrigue le cerveau. En d'autres termes, lorsqu'un neurone "communique avec ses partenaires",

 il doit simultanément "réclamer" un accroissement du flux sanguin à son voisinage immédiat. C'est précisément cette modulation locale du flux sanguin qui

est observée en temps réel par imagerie IRM ou par caméra à positons (PET scan) avec des conséquences importantes en médecine ou en sciences cognitives.

 

Néanmoins, le phénomène observé n'est que le résultat d'un échange de neurotransmetteur, le NO, sous-jacent comme nous le démontrerons au cours de cette conférence.

Au cours de cette conférence, nous expliquerons comment des électrodes extrêmement petites

 (entre une vingtaine et une cinquantaine d'entre elles, réunies en faisceau, auraient l'épaisseur d'un seul cheveu humain !)

peuvent être utilisées afin de "voir les cellules parler".

Nous montrerons ensuite comment les données expérimentales ainsi obtenues permettent de remonter aux mécanismes physico-chimiques mis en jeu, c'est-à-dire de "comprendre comment elles parlent".
 
Statut
Christian Amatore est chimiste et chercheur à l'Ecole normale supérieure.

Il est membre de l'Académie des sciences.

Parcours
– Agrégé de sciences physiques
– Docteur ès sciences
– 1984-2000 : directeur de recherches à l'Ecole normale supérieure
– Depuis 1997 : directeur du département de chimie de l'Ecole normale supérieure
– Depuis 2000 : directeur de recherche de classe exceptionnelle au CNRS
– Depuis 2002 : membre de l'Institut de l'Académie des sciences et de la Society for Electroanalytical Chemistry.

Spécialités
Spécialiste d'électrochimie, Christian Amatore a fourni à cette discipline les moyens instrumentaux et conceptuels pour aborder des problématiques importantes de la chimie organique, inorganique et organo-métallique.

Ses travaux récents se situent aux interfaces de l'électrochimie moléculaire et de la biologie, et portent sur le développement des ultra-microélectrodes, qui l'ont amené à développer le concept de "synapse artificielle", méthode particulièrement performante pour l'étude dynamique de phénomènes biologiques à l'échelle de la cellule vivante (neurotransmission ; stress oxydant).

Bibliographie
Il a écrit de nombreux articles dans les revues nationales et internationales, et effectué de nombreux travaux dans le domaine de la recherche scientifique fondamentale. 

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Mercredi 23 août 2006

 


Neuroimagerie : l'eau du cerveau sous la pression des idées

 

 

 

Par Julien Voisin, Futura-Sciences, le 29/05/2006 à 08h22


 

Une équipe franco-japonaise, menée par le Dr Le Bihan du Service Hospitalier Frédéric-Joliot du CEA, a présenté les progrès d'une technique d'imagerie cérébrale basée sur la diffusion de l'eau (IRMd). Leur compte-rendu, publié dans l'édition du 23 mai des Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS), suggère que cette méthode pourrait surpasser les techniques d'IRMf actuellement en vigueur.

L'imagerie par résonance magnétique nucléaire (IRM) permet de visualiser la composition chimique de l'intérieur d'un corps sans l'endommager.
 
En neurosciences, l'IRMf (f pour fonctionnelle) consiste en particulier à visualiser le taux d'oxygénation des tissus cérébraux. Ce taux d'oxygénation dépend du flux sanguin (hémodynamique), qui varie localement en fonction des besoins des neurones.
 
Ainsi, l'oxygénation permet de déterminer quelles aires sont activées par quelles fonctions mentales.
Utilisée depuis le début des années 90, l'IRMf s'est avérée extrêmement féconde. Sa précision est toutefois fondamentalement limitée par le caractère indirect de la mesure.

Une autre technique, développée notamment par le Dr Le Bihan, consiste à mesurer les mouvements de l'eau (IRMd).
 
Comme ces mouvements dépendent de l'orientation des membranes cellulaires, l'IRMd a d'abord été utilisée pour détecter l'orientation des axones, c'est-à-dire les connexions anatomiques entre aires cérébrales lointaines. Plus surprenant, l'équipe du Dr Le Bihan avait suggéré dès 2001 que cette mesure pouvait être également sensible à l'activité cérébrale.

Confirmant cette idée, les résultats indiquent que l'eau diffuse plus lentement dans des tissus cérébraux activés. Ce ralentissement serait lié selon toute vraissemblance à un gonflement mécanique, et apparaît avant la réponse hémodynamique. Cette précocité, ainsi qu'un meilleur contraste, démontre que l'IRMd détecte les activations cérébrales plus directement que l'IRMf, et laisse entrevoir des progrès importants à venir.
 
 Si l'IRMf sera toujours limitée par la nature de la réponse hémodynamique, l'IRMd pourrait au contraire bénéficier énormément de la montée en puissance des aimants -notamment ceux qui seront installés au centre de recherche NeuroSpin du CEA.

Bien que beaucoup de travail reste à faire pour améliorer la sensibilité de l'IRMd, la technique est prometteuse. Il est frappant de constater que, 25 ans après l'avênement de l'IRM, les chercheurs en sont encore à découvrir de nouvelles façons de l'utiliser. La richesse de cette technique semble ne pas vouloir se démentir.


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Activation du cortex visuel vu par l'IRMd (haut) et l'IRMf (bas) :
la réponse de l'IRMd est plus précoce et moins floue.

Activation du cortex visuel vu par l'IRMd (haut) et l'IRMf (bas) :
la réponse de l'IRMd est plus précoce et moins floue.
Crédits : PNAS



 
 
   

 

Percer les secrets du cerveau grâce à l’eau

Depuis plusieurs années les chercheurs en neurosciences soumettent leurs ‘’cobayes’’ à l’IRM, l’imagerie par résonance magnétique nucléaire, pour étudier l’activité de leur cerveau via les variations du flux sanguin. Des chercheurs français du CEA, associés à une équipe japonaise de l’Université de Kyoto, proposent une nouvelle méthode d’imagerie cérébrale plus précise qui traque l’activité des neurones via les mouvements des molécules d’eau.

Denis Le Bihan, du Service Hospitalier Frédéric-Joliot du CEA,

 a mis au point l’IRM par diffusion de l’eau dès 1985.

 Les molécules d’eau présentes dans les tissus sont animées de mouvements aléatoires qui sont modifiés par la structure des tissus.

 Lorsqu’ils sont activés, les neurones gonflent légèrement.

 En détectant la diffusion des molécules d’eau du cerveau on peut alors détecter avec une précision microscopique l’activation des neurones.

Les premières expériences avaient montré que la diffusion des molécules d’eau est très sensible aux changements de taille des neurones.

 


Les nouveaux travaux réalisés par l’équipe de Le Bihan et ses collègues de Kyoto ont confirmé que la baisse de la diffusion des molécules d’eau est directement liée au gonflement des neurones et permet donc de repérer très rapidement leur activation. Les chercheurs publient leurs résultats dans les Proceedings of the National Academy of Sciences datés du 23 mai.

Déjà utilisée en milieu hospitalier pour détecter les accidents vasculaires cérébraux, l’IRMd

 peut remplacer l’IRM classique en neurologie, estiment Le Bihan et ses collègues, notamment pour étudier la communication intracérébrale.

 Les chercheurs comptent bien profiter de l’ouverture du nouveau centre de recherches de Saclay, le NeuroSpin, prévue cette année, pour appliquer l’IRMd avec des installations disposant d’aimants plus puissants.

 Plus le champ magnétique est fort plus la technique est précise.

Cécile Dumas
(22/05/06)

 

 

 http://archquo.nouvelobs.com/cgi/articles?ad=sciences/20060521.OBS8503.html&host=http://permanent.nouvelobs.com/


 

 

 

 



   


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Mercredi 23 août 2006

 

 

Première greffe partielle de la face

Le cortex de la patiente s’approprie le greffon

POUR LA JEUNE FEMME de 38 ans, dont le visage avait été atrocement défiguré par son chien en mai 2005, la transplantation du triangle nez, lèvres, menton d’une donneuse décédée, réalisée en novembre 2005, a nécessité plus de dix-huit heures d’opération.

 Une cicatrisation anarchique de la plaie béante des tissus de la face s’était produite depuis l’accident, nécessitant une dissection des différents plans constitués par les muscles et les nerfs faciaux pour repérer les vaisseaux permettant un raccordement optimal avec les vaisseaux de la greffe préparée par le CHU de Lille.

Pour éviter le rejet du greffon, en plus du suivi d’un protocole immunosuppresseur classique, la receveuse transférée au 3e jour dans le service du Pr Jean-Michel Dubernard au CHU de Lyon, a bénéficié d’une double perfusion de cellules souches hématopoïétiques extraites de la moelle osseuse de la même donneuse.

Nouveaux signes cérébraux.

Actuellement, huit mois après l’intervention, la réinnervation neurologique continue avec des améliorations de la déglutition, de la mastication, de la phonation et de l’expression de la patiente.

L’IRM fonctionnelle montre de nouveaux signaux cérébraux, ce qui prouve l’intégration corticale du fragment transplanté, la récupération de la sensibilité et l’appropriation du nouveau visage.

 C’est un énorme motif de satisfaction et de soulagement pour les équipes chirurgicales qui souhaitent privilégier les allogreffes par rapport aux autogreffes pour les reconstructions des dégâts massifs de la face et des visages mutilés.

Le Pr Dubernard ajoute que «on savait que le cerveau s’adaptait à l’amputation.

 L’imagerie fonctionnelle des aires corticales de notre patiente confirme aujourd’hui cette plasticité indiquant que le cerveau s’adapte également et progressivement à la transplantation d’un greffon issu d’un autre donneur».

Huit mois après cette «première mondiale», le bilan et les succès de la greffe font oublier les critiques cliniques et éthiques qu’avait déclenchées sa médiatisation.

> Dr ALAIN LE HYARIC

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Mercredi 23 août 2006

 

Congrès de l'Acfas
Éthique et neurones

(Agence Science-Presse) -

 Des chercheurs de l'Université Harvard transfèrent des cellules neurales humaines dans le cerveau de fœtus de macaques.

D’autres suggèrent d’utiliser la technologie d’imagerie par résonance magnétique pour " espionner " des cerveaux en espérant dépister des terroristes.

Les dernières avancées des neurosciences inquiètent –

et une nouvelle science émerge, la neuroéthique.

Nouvelle science ou champ spécialisé de la bioéthique, la neuroéthique faisait ses premiers balbutiements à l'ACFAS, lors d'un colloque intitulé La neuroéthique, une science du XXIe siècle, devant un trop rare public pour un sujet aussi passionnant.

Cette nouvelle discipline s'intéresse à l'analyse des répercussions éthiques, juridiques et sociales des neurosciences. Par exemple, "est-ce que la pharmacothérapie et la chirurgie peuvent rendre les gens meilleurs ?", questionne Richard Brière.

 

Le directeur adjoint de l'Institut des neurosciences, de la santé mentale et des toxicomanies à l'Institut de recherche en santé du Canada (IRSC) a présenté cette discipline dont le nom serait apparu il y a seulement quatre ans, lors d'un colloque sur les neurosciences à San Francisco.

Le sujet a tout de suite passionné les médias américains. "Les problèmes neuroéthiques existaient déjà, mais les développements scientifiques récents créent de nouveaux problèmes, d'où l'intérêt de créer une science multidisciplinaire pour les comprendre", soutient Richard Brière.

À côté des "vieux" problèmes plus généraux –l'accès aux renseignements personnels, l'utilisation de placebo, de tissus fœtaux ou de cellules souches– la liste de ceux qui apparaissent à l’horizon est longue : améliorations thérapeutiques de l'humeur ou de la vigilance, traitements préventifs des délinquants, etc. "Est-ce que cela est acceptable ? questionne Richard Brière.

 Que doit-on retenir comme modèle de la normalité ?

Les neurosciences vont-elles restreindre la diversité humaine ?" Ou encore la bouleverser avec la naissance des chimères, comme avec ce transfert de cellules humaines dans le cerveau de macaques...

Les nouvelles frontières

Si les lignes directrices des IRSC pour la recherche sur les cellules souches interdisent la manipulation d'embryons et de fœtus humains et non-humains, la loi canadienne de 2004 sur les biotechnologies, elle, ne détaille pas les interdits de la même manière, entrouvrant la porte à la création de chimères.

"Elle ne parle pas des embryons des autres espèces et les recherches financées par le secteur privé ne sont de toutes façons pas soumises aux mêmes lignes directrices ", insiste Françoise Baylis, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en bioéthique et philosophie, à l’Université Dalhousie.

La loi canadienne autorise l'usage des cellules souches jusqu'à 14 jours et les nouvelles avenues pour tenter de traiter l'Alzheimer et les autres maladies dégénératives intéressent bien des scientifiques...

 

ainsi que les patients et leurs familles.

"Le discours des chercheurs est le suivant : vous voulez ces traitements, vous devez nous donner l'autorisation de procéder" dénonce Françoise Baylis.

"Tout est présenté comme si le développement d'une bonne méthodologie de recherche peut garantir de poursuivre la recherche dans ce sens. Je trouve leurs arguments défectueux et j'attends d’être convaincue."

Où on parle d'apocalypse

Le développement de la biologie divise les sociétés, pense Hubert Doucet, professeur aux facultés de théologie et de médecine ainsi que directeur des programmes de bioéthique à l'Université de Montréal.

 

 Deux discours cohabitent, entre espoir et cauchemar. Le premier annonce que nous sommes en route vers une post-humanité à laquelle les neurosciences vont contribuer.

 

"En comprenant mieux le cerveau et ses fonctions, nous allons ainsi entreprendre la conquête de l'esprit.

Ceux qui entretiennent ce discours pensent que le corps est une machine que l'on doit reconstruire pour pouvoir dépasser les limites. "

 

La loupe des médias

Quelles décisions prendre avec les technologies touchant aux sciences du cerveau ? " Je pense que les médias ont un rôle dans le débat ", annonce Éric Racine. Le chercheur de l'université Stanford, du Center for Biomedical Ethics, rapportait les conclusion de deux études dans le cadre du colloque de l'ACFAS consacré à La neuroéthique (voir autre texte).

Pour découvrir ce qui circule sur les neurosciences dans la sphère publique, il a épluché 132 articles de la presse internationale, du Washington Post au Scientific American. Le ton s'avère majoritairement optimiste (72%). Et presque un article sur quatre (23%) présentait au moins un enjeu scientifique et éthique. "À comparer avec le ton très optimiste des articles des revues spécialisées, dans 91% des cas", rapporte le chercheur.

Éric Racine rassemble le tout sous trois concepts. Tout d'abord, le neuro-réalisme. "On voit l'imagerie médicale et on pense que c'est vrai. La recomposition de l'image reste masquée et les titres des articles sont souvent excessifs". Les journalistes omettent souvent de préciser des informations essentielles comme l'échantillon –alors que "le nombre de sujets est souvent faible dans ce genre d'études"– les conflits d'intérêt, les sources de financement, etc.

Puis, le neuro-essentialisme. Dans ces articles, on a tendance à réduire l’identité personnelle au cerveau. "Le cerveau remplace le sujet".

Enfin, la neuro-régulation. "La neuro-imagerie fournit une fenêtre sur le cerveau". De plus en plus, on se sert de l'information sur les imageries par résonance magnétique (IRM) pour influencer les décisions touchant les technologies. Une tendance qu'il retrouve fortement dans Internet. Les sites, très complets et avec de nombreux témoignages, se consacrent à la neuroimagerie, la neuropharmacologie et les neuro-produits naturels. "Ce média est de plus en plus utilisé pour commercialiser les neurosciences. On réchauffe le consommateur pour qu'il réclame le produit dans le cabinet de son médecin", tranche Éric Racine. Une tendance à mettre en perspective avec l'augmentation du nombre d'appareils d'IRM acquis par le secteur privé au Canada.

 

À visiter :

Groupe consultatif interagences en éthique de la recherche :

Chaire de neuroéthique du Canada

Société canadienne de bioéthique

Institut des neurosciences, de la santé mentale et des toxicomanies à l'Institut de recherche en santé du Canada

Le cerveau à tous les niveaux

 

Suggestions de lecture

Hubert DOUCET, Au pays de la bioéthique Labor et Fides , 1996.

"Neurosciences et Neuroéthique : des cerveaux libres et éthiques", par Hervé Chneiweiss, ALVIK éditions, le 9 mars 2006

Dans l'autre discours, certains associent les progrès de la neuropharmacologie aux prémisses du Meilleur des mondes d'Aldous Huxley.

 

"Une route où nous perdrons la responsabilité de nos actions, le contrôle sur notre devenir", dit Hubert Doucet. Sans prendre position, il juge qu’il "est temps de dépasser la lecture de science-fiction et de développer les connaissances scientifiques des gens. Il faut faire appel au dialogue critique et citoyen", avance celui qui est aussi membre actif du Groupe consultatif interagences en éthique de la recherche.

Dialoguer sur cet important sujet représente tout un défi (1). "Nous sommes unilingues, enfermés dans notre propre discipline."

Alors que de la salle une interrogation portait sur la pertinence de créer une discipline distincte du vaste champ –relativement nouveau lui aussi– de la bioéthique, le Canada a déjà pris le train:

 

l'équipe du Dr Downie (Halifax) se penchera sur la neuroimagerie et l'éthique tandis que l'on devrait connaître sous peu le titulaire de la toute nouvelle Chaire de neuroéthique du Canada.

Plus largement, le récent Réseau international de neuroéthique, créé l'an dernier et qui rassemble huit pays (États-Unis, Canada, Royaume-Uni, Suisse, Italie, Allemagne, Suède et Japon) tiendra sa seconde réunion à Atlanta, en novembre prochain.

(1) Jean-Pierre Changeux et Paul Ricoeur, Ce qui nous fait penser. La nature et la règle. Paris, Odile Jacob, 1998.

Isabelle Burgun

 http://www.sciencepresse.qc.ca/archives/quebec/capque0506k.html

 

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Par SPINNEUR
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Mercredi 23 août 2006




Paru dans L'Express du 11/05/2006

Cerveau

Et si la science donnait raison à Freud?par Gilbert Charles, Régis de Closets

A mesure qu'ils avancent dans l'exploration de la machinerie cérébrale, les neurobiologistes découvrent qu'elle obéit à des lois beaucoup plus complexes qu'ils ne l'imaginaient. Et que la vie mentale dont elle est le terrain confirme, des rêves au langage ou à l'imagination, nombre des intuitions du père de la psychanalyse. La fin, peut-être, d'une vieille querelle

   

© J.-P. Guilloteau/L'Express

Au centre «émotion» de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris. Depuis deux ans, une quarantaine de patients essaient d'y soigner leurs angoisses et leurs phobies en s'immergeant dans des mondes virtuels représentant leurs pires cauchemars.

 

Casque de réalité virtuelle vissé sur la tête, un homme en survêtement avance à tâtons dans une pièce plongée dans la pénombre au deuxième étage d'un pavillon de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris. André, 40 ans, souffre depuis des années d'une phobie maladive des hauteurs: il panique à l'idée de s'approcher d'une fenêtre ou de traverser un pont. Médicaments, psychothérapies, il a tenté sans succès tous les traitements avant d'arriver ici, pour essayer de conjurer sa peur au milieu d'un paysage artificiel en trois dimensions. Depuis quelques minutes, front en sueur et gestes hésitants, il avance péniblement sur un chemin escarpé au bord d'une falaise, guidé par la voix du thérapeute qui l'encourage dans les écouteurs: «Allez-y, avancez encore quelques pas, vous pouvez y arriver.»

Depuis deux ans, une quarantaine de patients souffrant de troubles d'angoisse et de phobies liés à la hauteur, à la foule, à l'enfermement sont soignés au centre «émotion» de la Pitié. Adressés par des psychiatres de l'hôpital ou du secteur privé, ils viennent s'immerger dans des mondes virtuels reproduisant leurs pires cauchemars: villes désertes, châteaux, ponts suspendus… Un monde habité par une sympathique araignée est même réservé aux arachnophobes. «Ces environnements stimulent toutes les formes de perception sensorielle et permettent aux malades de se confronter au plus près à leurs angoisses, explique Roland Jouvent, chercheur au CNRS et directeur du centre «émotion». On leur donne des missions à accomplir: ouvrir des portes, trouver le cinéma dans la ville, pour les inciter à avancer. L'essentiel est qu'ils arrivent ensuite à mieux gérer leur peur dans le monde réel.»

«Neuros» et psys réconciliés?

Malgré plus d'un siècle de divergences et d'invectives, le dialogue entre psychanalyse et neurosciences semble timidement se renouer. Sous l'impulsion de quelques spécialistes des deux bords, un nouveau courant interdisciplinaire lancé aux Etats-Unis est en train de se constituer, comme en témoigne la création, en juillet 2000, de la Société internationale de neuropsychanalyse, qui réunit des analystes, des neurologues et des cognitivistes décidés à rétablir des ponts entre eux. «Le divorce entre psychanalyse et neurosciences tient plus à l'ignorance et à la défiance réciproque qu'à une quelconque incompatibilité scientifique, explique le Pr Daniel Widlocher, un analyste qui travaille avec des neurologues à l'hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière pour soigner des patients cérébrolésés et qui vient de déposer les statuts de la première société de neuropsychologie française.
«Beaucoup de neurobiologistes se méfient de la théorie freudienne sans avoir fait l'effort de s'y plonger, comme beaucoup d'analystes refusent de s'intéresser aux travaux des neurologues, qu'ils jugent réductionnistes. Mais les deux disciplines ont pourtant tout à gagner à se parler!» Une bonne partie de ce malentendu tient au fait que la psychanalyse n'est pas à proprement parler une science, mais une méthode introspective et une relation personnelle que l'on ne peut transmettre. Cognitivistes et freudiens cherchent la même chose, comprendre l'esprit humain, mais les chercheurs ne sont pas des thérapeutes. «La science voudrait mettre tout le monde d'accord, remarque l'analyste Gérard Miller, mais la psychanalyse, elle, n'a pas de vocation consensuelle.»

 

G.C.

 

 

Bon anniversaire, cher Sigmund Freud! Le père de la psychanalyse, dont on fêtait, le 6 mai, la naissance, il y a cent cinquante ans, doit se retourner dans sa tombe. Les neurobiologistes, qu'il avait toujours tenus en piètre estime, viennent désormais empiéter sur son territoire. Ils ne se contentent plus de soigner les lésions cérébrales, la maladie d'Alzheimer ou celle de Parkinson, voilà qu'ils s'intéressent à des troubles apparemment non organiques qui relevaient jusque-là surtout du divan des analystes. Comme les phobies, les obsessions, ou encore la dépression, la pathologie mentale la plus répandue, que des médecins canadiens ont entrepris de soigner à l'aide d'électrodes implantées dans le cerveau.

Les chercheurs de l'université de Toronto ont en effet localisé un défaut d'activité dans des aires limbiques des patients neurasthéniques, dans une zone qui commande la satisfaction des besoins fondamentaux comme l'appétit, la libido et le sommeil. Ils ont proposé à des patients gravement dépressifs, rescapés du Prozac et des cabinets de psy, de les opérer pour installer dans cette zone un stimulateur électrique relié à un pacemaker - selon une technique mise au point pour arrêter les tremblements des parkinsoniens - afin de redonner du tonus à leurs neurones fatigués. Ces derniers mois, 12 malades ont été «branchés», dont 8 montrent les signes d'une nette amélioration.

Les «neuros» auraient-ils définitivement pris le dessus sur les «psys»? A première vue, tout le laisse penser - mais les apparences peuvent être trompeuses. Depuis plus d'un siècle, ces frères ennemis n'ont cessé de se tourner le dos ou de s'affronter par doctrines interposées. Freud avait été un brillant neurologue dans sa jeunesse, avant d'abandonner brutalement cette voie et de mettre à l'index une bonne partie de ses écrits. Considérant que cette discipline balbutiante ne pouvait expliquer le fonctionnement de la pensée, il a préféré en chercher les rouages, non pas dans la machinerie cérébrale, mais à travers la parole de ses patients. Ses héritiers se sont repliés sur le dogme de l'inconscient en continuant à bouder les neurosciences, considérées comme réductionnistes et incapables de dire quoi que ce soit sur les émotions, la personnalité, la motivation.

   

 

   

 

 

 

cherchent la même chose, comprendre l'esprit humain, mais les chercheurs ne sont pas des thérapeutes. «La science voudrait mettre tout le monde d'accord, remarque l'analyste Gérard Miller, mais la psychanalyse, elle, n'a pas de vocation consensuelle.»

 

Les «neuros» auraient-ils définitivement pris le dessus sur les «psys»? A première vue, tout le laisse penser - mais les apparences peuvent être trompeuses. Depuis plus d'un siècle, ces frères ennemis n'ont cessé de se tourner le dos ou de s'affronter par doctrines interposées. Freud avait été un brillant neurologue dans sa jeunesse, avant d'abandonner brutalement cette voie et de mettre à l'index une bonne partie de ses écrits. Considérant que cette discipline balbutiante ne pouvait expliquer le fonctionnement de la pensée, il a préféré en chercher les rouages, non pas dans la machinerie cérébrale, mais à travers la parole de ses patients. Ses héritiers se sont repliés sur le dogme de l'inconscient en continuant à bouder les neurosciences, considérées comme réductionnistes et incapables de dire quoi que ce soit sur les émotions, la personnalité, la motivation.

   

De leur côté,

les scientifiques «durs» ont eu le même mouvement de rejet envers la théorie freudienne, jugée bavarde et fumeuse, défendant l'idée d'un «homme neuronal», produit de sa biologie et programmé pour penser, en promettant même de «tordre le cou aux beaux discours de la psychanalyse», comme l'a écrit l'un des pontes français de la discipline, Jean-Pierre Changeux. Aucun dialogue ne paraissait plus possible avec de tels anathèmes et le divorce entre les deux disciplines semblait s'être conclu au profit de la psychanalyse.

Tristesse et passion intéressent les chercheurs

Jusqu'à la fin des années 1980, celle-ci a occupé une place dominante dans le monde de la pensée, aussi bien auprès des psychiatres et des spécialistes de santé mentale - à qui elle fournissait la seule théorie globale du sujet - qu'auprès des intellectuels et des artistes. Mais, depuis quelque temps, la vapeur s'est inversée, comme on a pu s'en rendre compte avec le récent battage médiatique autour du Livre noir de la psychanalyse, brûlot ouvertement destiné à déboulonner la statue de Freud. Les tenants de la théorie analytique paraissent, en effet, avoir perdu beaucoup de leur superbe. Suspectée à mots couverts d'inefficacité dans un rapport de l'Inserm, elle se trouve concurrencée, dans les cabinets de consultation comme dans les universités, par les partisans de doctrines en apparence plus scientifiques, telles les thérapies cognitives et comportementales, la pharmacologie ou la chirurgie, qui revendiquent une approche plus rationnelle et pragmatique des troubles mentaux.

La messe semblait donc être dite, et le dogme freudien bon à ranger dans le placard des antiquités, comme une sympathique construction mentale déconnectée de la réalité, dépassée. D'autant plus que les sciences cognitives ont, elles, progressé de manière spectaculaire ces dix dernières années. Grâce au développement des scanners, des ordinateurs et de la biologie moléculaire, il est devenu possible d'observer l'activité du cerveau en direct, in vivo, et de cartographier des aires associées aux opérations mentales les plus diverses. Certaines installations d'imagerie cérébrale, comme celle d'Orsay, permettent littéralement de voir ce que voit le sujet installé dans la machine, en suivant sur l'écran l'activité de ses aires visuelles.

Pionniers de la neuro-économie

Les neurosciences seraient-elles solubles… dans l'argent? Aux Etats-Unis, de plus en plus d'économistes s'inspirent des recherches sur le cerveau humain pour tenter de décrypter les comportements, souvent irrationnels, d'achat et d'investissement. Plusieurs études par IRM montrent ainsi qu'une prise de décision à court ou à long terme n'active pas les mêmes zones du cerveau, et qu'un calcul de coûts ou de bénéfices émoustille des réseaux neuronaux différents! A quoi ces zones correspondent-elles et comment les stimuler pour influencer la prise de décision? On est encore loin d'avoir les réponses. Mais, en attendant, la «neuro-économie», comme elle s'est baptisée outre-Atlantique, fait salle comble dans les colloques internationaux et a déjà permis à deux de ses pontes, Daniel Kahneman et Vernon Smith, de décrocher un prix Nobel. Même si elles sont encore balbutiantes, ces recherches intéressent évidemment au plus haut point les spécialistes du marketing, qui s'en inspirent pour tenter d'influer sur les comportements des consommateurs…

 

 

A partir de l'étude de patients souffrant de lésions cérébrales et de l'enregistrement de l'activité neuronale de singes, les chercheurs ont identifié des réseaux synaptiques liés au langage, aux rêves, à la conscience, et s'intéressent désormais à des concepts subjectifs comme le sentiment de tristesse, l'empathie, la perception de la beauté, la passion amoureuse, voire le jugement moral, qui peut aussi s'expliquer par les neuromédiateurs et les synapses.

Pour la première fois depuis longtemps, la neurobiologie s'aventure au cœur des concepts freudiens et commence à les mettre à l'épreuve des faits. On pourrait s'attendre au pire, mais, surprise, la vieille doctrine du Dr Sigmund ne s'en sort pas si mal. On pourrait même dire qu'elle reprend un coup de jeune à la sortie de cette confrontation.

«Les technologies actuelles nous ont fait découvrir une vie mentale beaucoup plus riche et complexe qu'on ne l'imaginait, explique Lionel Naccache, neurologue et chercheur à l'Inserm. Freud a eu le génie de découvrir intuitivement cette complexité. Il a forgé des concepts parfois controversés, qui se révèlent finalement aujourd'hui très pertinents. Certes, il s'est trompé ailleurs, mais bon nombre de ses idées continuent de tenir la route.»

La théorie des rêves, par exemple, considérés par la psychanalyse comme des aperçus de désirs inconscients ou de traumatismes enfouis, avait été discréditée dans les années 1950 par les travaux des neurologues sur le sommeil paradoxal. On attribuait alors le phénomène des visions nocturnes à un cycle mécanique contrôlé par le tronc cérébral, une partie du cerveau sans émotion. «On se rend compte aujourd'hui que cette vision était largement fausse, reconnaît Jean-Pol Tassin, directeur de recherche à l'Inserm et professeur au Collège de France. On a découvert récemment que le rêve n'est pas automatiquement lié au sommeil paradoxal.»

Il est plutôt engendré par des structures du lobe frontal chargées de satisfaire les besoins fondamentaux comme la faim ou le sexe. Les visions nocturnes ramènent à la surface du cerveau des informations traitées inconsciemment, qui ne sont pas forcément sélectionnées intentionnellement, comme le soutenait Freud, mais prises au hasard sur la chaîne de montage mentale. Détail troublant: le neurologue et psychanalyste britannique Mark Solms a montré que les hallucinations des psychotiques se déclenchent dans la même zone qui produit les rêves.

La parole, essentielle à la survie des neurones

Un autre concept forgé par Freud se retrouve lui aussi réhabilité: celui de l'amnésie infantile. Le médecin viennois avait, le premier, constaté l'absence de souvenirs avant l'âge de 2 ans, qu'il expliquait par le principe du refoulement. «On sait aujourd'hui que cette amnésie existe bel et bien, sans pour autant avoir besoin d'invoquer le refoulement, note Francis Eustache, professeur de neuropsychologie à l'université de Caen. Elle pourrait être liée à un processus de maturation cérébrale: la partie frontale du cerveau où se trouve la mémoire épisodique, celle qui permet de conserver les souvenirs et de faire le lien avec le passé, constitue l'un des systèmes les plus complexes, très lent à se mettre en place: il ne semble pas fonctionner entre 0 et 2 ans et n'atteint sa pleine puissance qu'à l'adolescence.» De même que le cerveau des enfants surdoués semble se développer plus lentement que les autres, si l'on en croit une grande étude de neuro-imagerie qui vient d'être publiée par le National Institute of Mental Health, l'institut américain de santé mentale. Le cortex supérieur des sujets les plus performants aux tests d'intelligence arrive en effet plus tardivement à maturation: il semble plus fin au départ, mais il s'épaissit ensuite plus vite et cette croissance se prolonge jusqu'à l'âge de 13 ans, alors que ce processus s'arrête en moyenne vers 8 ans chez les individus «moyennement» intelligents.

Les psychanalystes, qui ont fait du langage la pierre de Rosette de la pensée, peuvent également se réjouir de voir que les neurologues arrivent à la même conclusion. Les travaux récents sur la plasticité neuronale montrent que l'usage de la parole apparaît essentiel au développement du cerveau et à la survie des neurones. Le petit d'homme naît avec des capacités mentales proches de celles du cochon d'Inde, pratiquement sans aucun comportement spontané, même pas celui de manger. L'esprit se construit essentiellement à travers l'entourage, parental puis social et culturel. «Si l'enfant ne se met pas à parler, les connexions correspondantes ne se mettent pas en place et il perd à jamais cette capacité», constate Lionel Naccache. Plus étonnant, les neurones se détruisent aussi quand on apprend, pour faire de la place aux nouvelles connexions.

Autre exemple d'intuition freudienne confirmée par les faits: celui de l'imagination, c'est-à-dire le processus qui s'engage quand on est allongé sur un divan en laissant libre cours à ses pensées. Les psys ont toujours soutenu que les images mentales étaient produites sur le même principe que la perception visuelle. Autrement dit, que le cerveau traite de la même façon les choses vues dans la réalité et celles qu'on se représente intérieurement. Une conception longtemps contestée par les neurologues, et pourtant récemment confirmée par l'imagerie cérébrale: les visions intérieures activent bel et bien les aires visuelles.

Le futur temple du cerveau

Le premier centre de recherche français consacré à l'exploration du cerveau humain ouvrira ses portes, en 2009, à Saint-Aubin (Essonne). Financé par l'Etat et les collectivités locales et équipé de batteries d'appareils d'imagerie dernier cri répartis sur 8 500 mètres carrés, NeuroSpin devrait permettre aux chercheurs - qui sont aujourd'hui contraints d'utiliser les scanners et les IRM des hôpitaux, réservés en priorité aux malades - de disposer d'un outil unique en Europe. Grâce à la puissance de leurs champs magnétiques, les nouvelles machineos permettront de photographier des détails de l'ordre de 1 dixième de millimètre à travers la boîte crânienne (au lieu de 1 millimètre aujourd'hui) et de suivre l'activité des neurones quasi en temps réel, alors que les images des engins actuels les plus performants sont capturées toutes les quatre secondes, sans moyen de savoir ce qui se passe entre deux clichés…

 


Un chercheur italien, le Pr Giacomo Rizzolatti, a même découvert le mécanisme précis par lequel notre cerveau simule intérieurement le monde extérieur pour se le représenter. Alors qu'il mesurait l'activité électrique du cortex prémoteur de macaques, à l'université de Parme, il a constaté que des groupes de neurones s'activaient de la même façon lorsque le singe faisait un geste et lorsqu'il regardait quelqu'un en train de le faire. Situés dans l'aire qui contrôle les mouvements corporels, ces «neurones miroirs» n'existent que chez l'homme et les primates supérieurs. Ils permettent de reproduire mentalement des actions, mais aussi d'imiter les autres, de deviner leurs états mentaux, bref de communiquer. Ce mécanisme réflexif est probablement à l'origine du langage, apparu d'abord sous forme de gestes, qui a permis la transmission du savoir et de la culture. Les neurones de l'empathie, comme on pourrait les appeler, semblent justement défaillants chez les autistes. Des chercheurs américains ont mis en évidence une onde cérébrale, dénommée «rythme mu», qui se déclenche quand les neurones miroirs entrent en action. Mais le signal reste muet lorsque ces malades voient quelqu'un faire un mouvement, contrairement aux personnes «normales», et n'apparaît que s'ils effectuent eux-mêmes réellement le geste.

   

 

 

Les freudiens ont toujours soutenu que l'esprit n'est pas un ordinateur, ni le monde une cassette enregistrée. Ils sont aujourd'hui rejoints par des neurobiologistes aux idées larges qui considèrent le cerveau non plus comme un organe figé, une boîte noire d'où entrent et sortent des stimuli, mais comme un système de réseaux superposés et de connexions en perpétuel remaniement, sous l'influence de l'environnement extérieur et des émotions internes. Il a fallu attendre 1997 pour apprendre que, contrairement à un dogme bien ancré, les neurones peuvent se régénérer chez l'adulte et que de nouvelles connexions ne cessent de se former dans la matière grise.

C'est ce qui a valu le prix Nobel de médecine, en 2000, à Erik Kandel, psychiatre américain formé à la psychanalyse qui s'est ensuite orienté vers la biologie: il a montré que les expériences vécues laissent une trace physique dans le cerveau, en modifiant la transmission synaptique entre les neurones. Ces traces mnésiques peuvent se fixer inconsciemment et se réassocier avec d'autres traces, parfois en interaction, parfois en contradiction. «Cette découverte constitue une énorme avancée en même temps qu'un pont entre la psychanalyse et les neurosciences, s'enthousiasme le psychiatre et analyste suisse François Ansermet, qui vient de publier A chacun son cerveau (Odile Jacob), avec le neurologue Pierre Magistretti, professeur à l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne. Ce concept de plasticité permet enfin aux biologistes de sortir du carcan du déterminisme et de la causalité organique: le cerveau ne sécrète pas la pensée comme le foie sécrète la bile, il est modelé aussi bien par le code génétique, qui programme la fabrication des neurones, que par l'environnement et l'expérience vécue.» Le Prix Nobel Eric Kandel paraît du même avis. Il considère que «la psychanalyse reste la vision du fonctionnement mental la plus cohérente et la plus satisfaisante sur le plan intellectuel», et plaide pour que la théorie de Freud soit adoptée par les neurobiologistes comme un équivalent de ce que représente la théorie de l'évolution de Darwin pour les biologistes et les généticiens: un cadre général permettant de ranger les données scientifiques de façon cohérente.

Et l'inconscient, dans tout ça? A défaut d'expliquer le concept central de la théorie freudienne, les neurobiologistes commencent à démonter les mécanismes de la conscience, la fonction mentale la plus élaborée, celle par laquelle on arrive à penser que l'on pense. En fait, celle-ci s'apparente à un phénomène exceptionnel: la plupart des tâches mentales sont effectuées de manière inconsciente par des aires spécialisées qui travaillent de manière indépendante: 90% des informations traitées par le cerveau échappent à notre attention. C'est valable pour des fonctions comme le contrôle du rythme cardiaque ou de la digestion, mais aussi pour des opérations plus complexes. Même les mouvements que nous effectuons en toute lucidité sont en fait déclenchés de façon inconsciente. Un chercheur londonien de l'University College, Patrick Haggard, est parvenu à décomposer les processus cérébraux mis en jeu lorsque nous effectuons un geste: il a constaté que le déclenchement des muscles précède de quelques fractions de seconde le moment où l'on croit avoir pris la décision de bouger.

Tous les mots ne sont pas neutres

Encore plus fort:

 plusieurs expériences menées notamment par l'équipe du Pr Stanislas Dehaene au service hospitalier Frédéric-Joliot, à Orsay (Essonne), ont démontré que le cerveau peut non seulement percevoir inconsciemment des images et des symboles, mais aussi les déchiffrer et les mémoriser.

 

L'une de ces «manips» consiste à faire défiler des listes de mots devant des volontaires en leur demandant d'en définir le sens, tout en intercalant d'autres mots, affichés de manière subliminale, c'est-à-dire trop brièvement pour pouvoir être perçus consciemment.

 

«On se rend compte que les volontaires définissent plus rapidement le mot lorsqu'il a une relation avec l'image subliminale qui le précède, par exemple "rugissement" et "lion"», explique Claire Sergent, du laboratoire CEA-Inserm de neuro-imagerie cognitive d'Orsay, qui a publié en 2005 une étude démontant le processus cérébral de la conscience visuelle.

Les zones du cerveau chargées de décoder le langage s'activent lorsque le mot subliminal est «flashé», preuve qu'il n'est pas seulement perçu inconsciemment, mais qu'il est aussi compris.»

 

Tous les mots ne sont pas neutres.

 

Ceux qui sont chargés d'une connotation négative apparaissent plus facilement identifiés que les autres parce qu'ils déclenchent des réactions quasi «épidermiques» dans le cerveau.

On a ainsi constaté que des termes comme «danger» ou «mort» entraînent l'activation de l'amygdale cérébrale, siège des émotions primordiales comme la peur.

En réalité, la conscience dépend non des choses que l'on perçoit, mais de celles qu'on parvient à se représenter.

«Elle apparaît comme un espace de travail surchargé, constamment bombardé par des stimuli provenant d'une multitude de processeurs sensoriels non conscients, explique Claire Sergent.

 

C'est seulement quand une stimulation parvient à envahir l'espace tout entier qu'elle devient consciente.»

 

Il est alors possible non seulement de saisir le sens d'un mot, mais aussi de compter les lettres qui le composent, de le traduire en plusieurs langues, et de le mémoriser

Par SPINNEUR
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Mercredi 23 août 2006

Une nouvelle arme contre la pornographie :

 l’IRM

John Harmer lutte contre l’industrie pornographique depuis quarante ans. L’hiver dernier, il était prêt à jeter l’éponge.

 “C’est un univers odieux, et on a énormément de mal à trouver des soutiens financiers.”

 Puis il a entendu parler du brain mapping,

 ou cartographie fonctionnelle du cerveau. Aujourd’hui, Harmer a bon espoir.

 

Son objectif ? Broyer la richissime industrie du X comme celle du tabac l’a été en son temps, en démontrant, preuves à l’appui, que la pornographie ne crée pas seulement une dépendance, mais qu’elle nuit également à la santé. Après quoi, déclare Harmer, “nous pourrons saisir la justice et porter plainte pour préjudice corporel.

 Si nous réussissons à obtenir que les industriels de la pornographie soient déclarés financièrement responsables des dommages qu’ils causent, alors on pourra jeter le X à l’égout une fois pour toutes.”
Harmer est président de la Lighted Candle Society (Société de la bougie allumée), qu’il a fondée l’an dernier avec Edwin Meese, ministre de la Justice sous Reagan.

Son but ? “Rassembler des millions d’Américains, qui donneront 10 dollars par mois pour allumer une bougie afin que la lumière de la vérité dissipe les ténèbres que fait régner la pornographie.”

Une partie des sommes ainsi réunies devrait financer plusieurs mois d’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMF), afin de mettre en évidence sur le cerveau les effets des images pornographiques.

Selon Harmer, le recours à l’IRM devrait coûter au moins 3 millions de dollars.
L’objectif est d’établir de façon incontestable l’existence d’un lien de cause à effet entre le fait de regarder un film porno et celui d’avoir un comportement antisocial.

 Il existe déjà des recherches montrant que la télévision entraîne une dépendance, ou des études d’IRMF constatant que les images de violence affectent le cerveau.

 “Mais on n’a encore jamais spécifiquement appliqué l’IRM à la pornographie”, observe Judith Reisman, auteur de The Psychopharmacology of Pictorial Pornography.

Mme Reisman qualifie la pornographie visuelle d’“érotoxine”.

“La pornographie agit sur le cerveau comme une drogue –

c’est une drogue.”

Regarder des films X déclenche une poussée d’adrénaline qui est ressentie dans le ventre et dans les organes génitaux, ainsi qu’une sécrétion de testostérone, d’ocytocine, de dopamine et de sérotonine, indique-t-elle.

 “C’est un véritable cocktail de drogues. La pornographie est un excitant extrêmement puissant, qui provoque flash et euphorie.

 Ce n’est pas un excitant sexuel, mais un excitant mêlant peur, sexe, honte et colère.”

 Selon Mme Reisman, le 1er amendement de la Constitution américaine, qui garantit la liberté d’expression, ne devrait pas couvrir les images et les films pornographiques, car ceux-ci n’affectent pas le centre de la parole, mais “une zone cérébrale viscérale, non langagière, située dans l’hémisphère droit” du cerveau.

La pornographie conduit au viol, aux meurtres en série, aux mauvais traitements infligés aux enfants et à l’impuissance, estime-t-elle.

“Chaque fois qu’un homme regarde des images pornographiques, il éprouve de la honte et de la colère.

Et il compromet sa capacité à réagir de façon normale…

 Il ne peut plus tomber amoureux d’une jeune femme, s’émouvoir de la ligne de sa nuque ou de la courbe de sa joue.”


Par SPINNEUR
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Mercredi 23 août 2006
Système IRM

Honda parvient à contrôler une main robotique par les ondes cérébrales

Associated Press (AP)  et Canoë
25/05/2006 09h12 

Le président de Honda Research Institute Japan Co., Tomohiko Kawanabe, fait le signe du «V» tandis qu'il fait la démonstration de la nouvelle technologie robotique de Honda et de ATR Computational Neuroscience Laboratories à Tokyo, mercredi, le 24 mai 2006.  
© AP Photo /Katsumi Kasahara


Une nouvelle étape semble avoir été franchie dans les efforts de scientifiques s’efforçant de connecter l’homme à la machine.

Le motoriste japonais Honda annonce avoir développé une technologie qui se sert des signaux émis par le cerveau pour contrôler de simples mouvements exécutés par un robot.

Dans un futur pas trop éloigné, la technologie mise au point par les ingénieurs de Honda Motor en collaboration avec ATR Computational Neuroscience Laboratories pourrait servir à remplacer les claviers ou les téléphones cellulaires, ont expliqué les chercheurs mercredi.

 

Cette technologie pourrait également trouver des applications dans le cas de blessures à la colonne vertébrale, ont-ils ajouté.

Lors d’une démonstration vidéo à Tokyo,

les signaux du cerveau détectés par une machine IRM

(imagerie par résonance magnétique) ont été transmis à une main robotisée.

 Une personne installée dans la machine IRM a fermé le poing, étiré les doigts puis fait un V avec ceux-ci.

 Plusieurs secondes plus tard, la main robot reprenait les mêmes mouvements.

Des recherches plus approfondies seront nécessaires afin de décoder des mouvements plus complexes.

La machine servant à décoder les ondes cérébrales devra également être plus petite et plus légère, comme un couvre-chef que les gens pourront porter dans la vie de tous les jours, a évoqué le chercheur Yukiyasu Kamitani de ATR.

Ce que les gens de Honda appellent une interface homme-machine est en fait une amélioration des approches passées,

 comme celles qui nécessitaient une intervention chirurgicale pour assurer la connexion d’électrodes.

D’autres méthodes obligeaient les gens à s’entraîner à envoyer des signaux d’une façon précise ou ne faisaient pas une lecture efficace desdits signaux, précise Kamitani.

Des responsables chez Honda ont souligné que la présente recherche servirait non seulement à son robot à tête sphérique Asimo, mais s'appliquerait aussi à de futures technologies automobiles.






Par SPINNEUR
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Mercredi 23 août 2006

 

IMAGILYS 

F MRI  


 

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